Mercer | Des taux d’intérêt bas

Mercer | Des taux d’intérêt bas

Des taux d’intérêt

Des taux d’intérêt bas ou en hausse menacent la sécurité de la prévoyance – comment aborder l’avenir?

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31.01.2017
Auteur: Philippe Lüthy

La situation actuelle sur le marché des capitaux est déterminée par le faible niveau des taux d’intérêt. Ces derniers pourraient rester stables à ce niveau très bas pendant un certain temps ou bien commencer un jour à remonter. Dans l’un ou l’autre de ces scénarios, des risques de taux d’intérêt planent sur les catégories d’obligations classiques. Ces dernières années, le segment des obligations présentait certes lui aussi un risque de variation des taux d’intérêt, que l’on devrait plutôt appeler «opportunités de baisse des taux» pour un portefeuille obligataire. Cela signifie que l’investisseur a bénéficié de conditions favorables dans les catégories de placements par définition sujettes à une faible volatilité. La corrélation souvent constatée en pratique entre les obligations, une volatilité restreinte et un faible risque ne se vérifie cependant plus dans la même mesure aujourd’hui. En période de taux d’intérêt bas ou orientés à la hausse, d’autres risques doivent être pris en considération en sus de la volatilité, car sinon, le réveil pourrait se révéler difficile. La recette qui a porté ses fruits ces dernières années pour maintenir la volatilité et les coûts à un bas niveau livre désormais un résultat opposé. En effet, le portefeuille est exposé à de nouveaux risques parfois substantiels.

Pour pouvoir dégager un rendement net suffisant après déduction des frais, il faut désormais trouver des solutions qui engendrent d’une part des coûts supérieurs et, d’autre part, sont également plus complexes et moins connues. Les investisseurs doivent donc s’intéresser davantage et de manière plus approfondie et intensive aux thèmes en lien avec les placements. En particulier avec le système de milice, où le temps attribué à la gestion de la caisse de pension est limité et tend à être consacré toujours davantage à des tâches administratives parfois vaines (toutes les caisses de pension doivent-elles vraiment se doter d’un règlement relatif à la liquidation partielle uniquement parce que celui-ci pourrait théoriquement se révéler utile un jour?), il ne reste que peu de temps (en général pas plus d’un quart) pour s’occuper de la question des placements. Or, il faudrait en théorie y consacrer deux tiers de son temps.

Mis à part la compréhension souvent erronée du risque (la volatilité à elle seule n’explique pas 100% du risque), la fenêtre temporelle et le savoir-faire limités par le système de milice et la charge administrative croissante imposée par le régulateur (naturellement dans le but de protéger l’investisseur), une autre restriction peut se révéler dangereuse pour le deuxième pilier. Les limites prévues par l’OPP2 sont souvent interprétées de manière stricte. Dans le contexte de marché actuel et certainement jusqu’à ce que les taux d’intérêt auront à nouveau atteint un certain niveau, le fait de respecter à 100% les limites de l’OPP2 peut conduire à une diminution de la sécurité de la prévoyance. Et cela également dans l’esprit du régulateur. Il est en effet possible d’aller au-delà de ces limites à condition de justifier les dépassements par des arguments clairs. En bref, cela signifie que lorsqu’un investisseur dépasse ces limites, l’obligation de documenter ses décisions le contraint à s’intéresser de manière approfondie au sujet et donc à bien le maîtriser. Puis, il peut effectuer des investissement hors limites, ce qui contribue même à accroître la sécurité de la prévoyance à condition d’adopter une approche méticuleuse. Comme partout, il convient bien évidemment de ne pas dépasser un cadre raisonnable.

Obtenir un rendement convenable après déduction des frais est donc tout à fait possible, aussi bien dans le cadre des opportunités offertes par le marché que du point de vue du régulateur. La caisse de pension n’est pas tenue d’accumuler le capital nécessaire principalement au moyen de paiements de cotisations, simplement parce qu’il est devenu nettement plus difficile et plus compliqué de dégager le rendement habituel sur le marché. La renonciation à investir dans les segments de placement incontournables pour des raisons de coûts et de ressources peut donc être tout aussi dangereuse pour le deuxième pilier que le fait d’investir aveuglément dans ces mêmes segments. Le Conseil de fondation et les prestataires externes qui le soutiennent sont confrontés à des défis toujours plus importants. Aujourd’hui, il n’est en effet plus possible de prendre les bonnes décisions sans un soutien externe. Le choix d’un prestataire externe et en particulier les ressources de ce dernier jouent ainsi un rôle crucial dans la course pour dégager le rendement requis.

A l’avenir, davantage de courage, de temps, de coûts, de risques et d’efforts intellectuels seront nécessaires par unité de rendement. Et les ressources à la disposition du prestataire externe seront déterminantes. Tout comme une administration n’a pas besoin d’experts venus d’Asie, un support local dans le secteur des placements n’est pas adapté en l’absence de ressources internationales. En ce sens, nous vivons actuellement une période intéressante et il deviendra toujours plus facile de distinguer le bon grain de l’ivraie.

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