Mercer | Rendements négatifs: les investisseurs se

Asset Allocation Survey

Rendements négatifs: les investisseurs se tournent vers les obligations et les placements alternatifs

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06.07.2016
Auteur: Steffen Zwink

Les régimes de retraite européens investissent de plus en plus dans les placements alternatifs. Aujourd’hui, ces derniers représentent 16% du volume de placement moyen (+2% depuis 2015), alors que la part des actions a perdu un point de pourcentage à 21%. C’est ce que révèle l’enquête European Asset Allocation 2016 de Mercer, qui portait sur plus de 1100 institutions de prévoyance vieillesse européennes, dont le volume de placement global s’élève à plus de 930 milliards d’euros.

L’enquête révèle que les investisseurs institutionnels restent fidèles aux pays émergents malgré leurs performances décevantes depuis 2013. Ils investissent en moyenne 6% de leur fortune de placement sur les marchés émergents, ce qui correspond à la valeur de l’année précédente. Aussi bien la dette des pays émergents que les actions restent des composantes clés de la stratégie d’investissement des régimes de pension européens.

«Les investisseurs institutionnels voient dans les pays émergents un investissement de long terme, contrairement à nombre d’investisseurs privés qui, proches de la panique, ont fui à la fin du programme de rachat d’obligations du gouvernement américain», explique Herwig Kinzler, responsable Investments chez Mercer en Allemagne, en Autriche et en Suisse. 

«En Suisse, les investisseurs ne réduisent pas leur exposition aux marchés émergents. Au contraire, ils la maintiennent et parfois même, l’augmentent», ajoute Philippe Lüthy, responsable Investments chez Mercer en Suisse.

Obligations: les investisseurs suisses en quête de rendement


Certes, la part d’obligations en Suisse est restée presque inchangée par rapport à l’année passée, mais les caisses de pension ont nettement réduit leur part d’emprunts d’État au profit d’obligations d’entreprises, de prêts senior et de haut rendement mondial.

«En général, les caisses de pension suisses sont censées atteindre un rendement d’au moins 3%. Cela exclut logiquement les obligations en CHF, qui génèrent actuellement un rendement proche de zéro, voire négatif après déduction des frais», explique Philippe Lüthy. «Nous constatons un déplacement vers les segments quasi-obligataires tels que les prêts senior, les «insurance linked securities», mais aussi les infrastructures, la dette privée, les stratégies de hedge funds liquides et neutres par rapport au marché et le haut rendement mondial.»

Europe: les stratégies «cashflow driven» et «liability driven» gagnent du terrain


D’après l’enquête, la proportion de régimes de retraite affichant un cashflow négatif (montant mensuel des rentes versées supérieur à celui des cotisations mensuelles) a augmenté de 37% à 42%. Par conséquent, ils recherchent davantage de placements générant des revenus courants; c’est ce qu’on appelle les stratégies de financement «cashflow driven» (basées sur les flux de trésorerie). Ces stratégies prévoient également l’ajustement des portefeuilles aux prévisions de versements sur fond de stabilisation simultanée du taux de couverture (LDI).

Illiquidité et placements alternatifs toujours en vogue chez les investisseurs à long terme


«De nombreux marchés souffrent d’une liquidité réduite, source de volatilité accrue. Les investisseurs devraient s’intéresser aux opportunités qui en résultent et se positionner pour pouvoir en profiter», conseille Carl-Heinrich Kehr, spécialiste Investments chez Mercer. «Certains phénomènes récents sur les marchés du crédit – accroissement de l’endettement, dégradation de la solvabilité et multiplication des opérations de F&A – signalent la fin prochaine du cycle de crédit. D’où l’importance, aujourd’hui, d’une gestion du risque solide prévoyant également la couverture des risques à long terme, et d’une transparence sur les opportunités offertes par les crédits en souffrance.»

En raison des évaluations actuelles sur la plupart des grands marchés, il est difficile de tirer des revenus des placements traditionnels (l’«easy beta»). Il convient donc de mettre davantage l’accent sur les rendements obtenus par une gestion active (l’«alpha»).

«Les investisseurs ayant des engagements à long terme doivent aussi raisonner sur la durée pour ce qui est de leurs actifs», explique Carl-Heinrich Kehr. «Beaucoup adoptent certes une stratégie à long terme, mais n’exploitent pas tous les atouts qui y sont associés. Par exemple, les investisseurs orientés sur le long terme peuvent profiter de rendements attrayants grâce à des placements sur le marché privé généralement assortis de primes d’illiquidité, ce qui leur permettrait de se décorréler du cycle en cas de turbulences sur les marchés des capitaux.»

Pour télécharger l’étude complète: http://www.uk.mercer.com/our-thinking/2016-european-asset-allocation-survey.html

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