Mercer | MMGPI 2016

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MMGPI 2016

Comparaison des systèmes de prévoyance: la Suisse a reculé au sixième rang

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31.01.2017
Auteur: Steffen Zwink

Selon une comparaison des systèmes de prévoyance entre 27 pays choisis, la Suisse est passée du quatrième au sixième rang. La palme revient toujours au Danemark, suivi des Pays-Bas et de l’Australie. L’Inde, le Japon et l’Argentine sont les lanternes rouges. Tel est le constat livré par le «Melbourne Mercer Global Pension Index 2016» publié aujourd’hui. Cet indice a été calculé pour la huitième fois par Mercer en collaboration avec l’Australian Centre for Financial Studies (centre de recherches financières australien).

L’étude analyse et évalue la prévoyance vieillesse dans divers pays du point de vue de son adéquation, de sa viabilité et de son intégrité. Outre les systèmes de retraites étatiques et les régimes de retraite des entreprises, les mesures de prévoyance individuelle ont également été prises en considération. Cette année, cet indice a surtout cherché à évaluer les répercussions du vieillissement démographique rapide et à déterminer dans quelle mesure les systèmes de retraite de chaque pays sont préparés à faire face aux pressions financières considérables qui en découlent.

Le Danemark s’est une nouvelle fois hissé à la première place, notamment grâce au financement solide de son régime de retraite et au niveau élevé des avoirs de vieillesse et du montant des cotisations, mais aussi grâce à son système de prévoyance individuelle bien réglementé (80,5 points sur un maximum de 100).

Le système de prévoyance suisse est solide, mais des ajustements sont nécessaires


Avec une valeur totale de 68,6 points, le système de prévoyance helvétique est passé du quatrième au sixième rang. Ce recul s’explique essentiellement par la diminution du taux de remplacement net, c’est-à-dire de la rente nette par rapport au revenu. La Suisse a également perdu des points en ce qui concerne l’aspect de la viabilité, car la durée de la retraite est plus longue du fait de l’augmentation de l’espérance de vie, alors que l’âge de la retraite n’a pas changé.

«Le système de prévoyance suisse demeure solide. L’augmentation de l’espérance de vie exige cependant certaines mesures», affirme Catherine Schoendorff, directrice générale à Mercer en Suisse. «Il est comme par le passé nécessaire de procéder à des vérifications au sein des caisses de pension et à des adaptations des rémunérations, des taux de conversion pour le calcul des prestations de vieillesse, du financement de la prévoyance vieillesse et des stratégies de placement. Une augmentation graduelle de l’âge ordinaire de la retraite et une participation plus importante au marché du travail des salariés âgés permettraient de consolider le système suisse de prévoyance.»

D’autres recommandations émergent de l’enquête:

  • Introduction d’une réglementation prévoyant qu’une partie de la prestation de vieillesse doit obligatoirement être perçue sous la forme d’une rente
  • Abolition des avantages fiscaux accordés sur les versements en capital par rapport aux rentes
  • Augmentation du taux de propriétaires

L’espérance de vie continue d’augmenter, la population est toujours plus âgée


Le rapport de cette année contient également une projection du quotient d’âge. Selon David Knox, auteur de l’auteur de l’enquête et associé senior chez Mercer, ce chiffre pourrait déclencher une sonnette d’alarme dans de nombreux pays. «Le quotient d’âge varie beaucoup d’un pays à l’autre: en Afrique du Sud, le rapport entre les retraités et les personnes en âge d’exercer une activité professionnelle s’établira probablement à 1:7 en 2040, contre 1:1,44 au Japon.»

D’après David Knox, ces indicateurs ne sont certes pas totalement fiables, mais donnent une indication des évolutions qui auront un impact sur la viabilité du versement des prestations de retraite et la confiance des populations dans les régimes de retraite. «L’Indonésie est un exemple intéressant: le quotient d’âge relativement faible est compensé par le nombre relativement important de personnes âgées exerçant une activité professionnelle ainsi qu’une nette augmentation de l’âge de la retraite», explique David Knox

La pression sur les régimes de rentes nationaux se renforce


«Peu importe comment les chiffres se présenteront au cours des 40 années à venir, il ne fait aucun doute que la population vivra toujours plus longtemps après le départ à la retraite», ajoute-t-il. Faute d’un ajustement de l’âge de la retraite effectif et légal, les pressions sur les régimes de rente se renforceront dans le monde entier, réduisant ainsi la couverture financière des citoyens plus âgés.

Au cours des 40 dernières années, l’espérance de vie au moment de la naissance a augmenté de 7 à 14 ans dans la plupart des pays, soit en moyenne d’un an tous les quatre ans. La réforme du régime des retraites doit tenir compte de cette évolution. Plus important encore: l’espérance de vie restante d’une personne de 65 ans a également augmenté ces dernières années, dans une fourchette allant de 1,7 an en Indonésie à 8,1 ans à Singapour.

Selon David Knox, le déclin du taux de natalité dans le monde aurait des répercussions nettement plus fortes que de nombreux gouvernements et Etats ne l’ont admis jusqu’ici. «Mettre en œuvre les ajustements requis pour pouvoir relever les défis liés au vieillissement de la population mondiale est un impératif politique urgent pour tous les pays, indépendamment de leur taille et de leur classification actuelle.»

«Nous vivons plus longtemps, passons une plus grande partie de notre vie à la retraite et dépensons davantage en tant que retraités. Nous devons donc bien nous positionner pour garantir une retraite satisfaisante et financée de manière adéquate», telle est la conclusion du professeur Rodney Maddock de l’Australian Centre for Financial Studies.

Résultats selon la valeur totale de l’indice

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A propos de la méthodologie de l’enquête

  • Calculé pour la première fois en 2009, le Melbourne Mercer Global Pension Index établissait initialement un classement regroupant 11 pays. L’année dernière, 25 pays ont été analysés et l’indice couvre désormais 27 nations.
  • Plusieurs changements ont eu lieu par rapport à l’année dernière, notamment un ajustement des données relatives à la baisse des taux de remplacement nets ainsi que la prise en compte de facteurs comme la pauvreté des personnes âgées ou l’augmentation continue de l’espérance de vie et donc de la durée de la retraite.
  • Chaque pays est évalué sur une échelle allant de 0 à 100. L’indice global correspond à la valeur moyenne pondérée des trois sous-indices Adéquation, Viabilité et Intégrité
    • Le sous-indice Adéquation analyse les prestations de prévoyance versées actuellement ainsi que plusieurs caractéristiques fondamentales comme le niveau de couverture, les incitations fiscales, la structure des modèles de retraite ou le taux d’épargne. La pondération de cet indice considéré comme le plus important est de 40%.
    • Le sous-indice Viabilité détermine si le système en vigueur pourra être maintenu à l’avenir sur la base de plusieurs indicateurs. Ce sous-indice tient compte de facteurs comme la réassurance, le financement, la démographie, la dette publique et les modèles de travail flexibles pour les salariés âgés. Sa pondération est de 35%.
    • Le sous-indice Intégrité se concentre sur le domaine de la prévoyance individuelle et analyse à l’aide de divers indicateurs la fiabilité et la résistance du système de prévoyance. La surveillance étatique, la gouvernance, la gestion du risque et la communication jouent un rôle décisif dans cette appréciation. Ce sous-indice est pondéré à hauteur de 25%.

Pour évaluer chaque pays, plus de 40 indicateurs permettant de mesurer les caractéristiques de tous les systèmes de prévoyance vieillesse ont été passés à la loupe.

L’enquête est soutenue par le gouvernement de l’Etat australien de Victoria. «Avec son secteur financier très développé et un important réservoir de talents, l’Etat de Victoria fait office de référence dans le domaine de la gestion de fonds de placement, un élément central de tous les  systèmes de pensions et de retraites», souligne Wade Noonan, Ministre de l’industrie et de l’emploi de l’Etat de Victoria. «Par l’intermédiaire de notre fonds Future Industry Fund, le gouvernement de Victoria collabore étroitement avec le secteur financier dans le but de favoriser la poursuite de l’expansion, les investissements et la croissance de l’emploi.»

Le rapport complet de l’enquête peut être téléchargé sur notre site: http://www.mercer.com/our-thinking/mercer-melbourne-global-pension-index.html

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